Mardi 5 mai 2009 :
Bizarre cette envie de ré écrire. Certes, là tout de suite, je ne vais pas très bien. Mais de là à reprendre ce vieil habitus de me plaindre sur le papier (devrais-je dire le clavier) ça me semble étrange. Je me demande parfois si écrire me fait vraiment du bien ? Parfois les mots me permettent de prendre conscience de choses auxquelles inconsciemment je ne veux pas penser. Mais doit on vraiment savoir tout ce qui se passe dans notre cerveau ? Je sais qu’un psy répondrait affirmativement. Mais sans remettre en question une science, je n’en suis pas si sûr pour mon cas ... Ma vie tient à mes oublies, à ma faculté de ne pas penser à ce à quoi je ne veux pas penser ...
Certains me diront que certes j’ai l’impression de ne pas y penser, mais qu’au fond ça guide mes actions, mon moral. Mais bon, parfois penser à pourquoi je ne vais pas bien, me fait aller plus mal. C’est d’ailleurs souvent pourquoi je dis « je vais pas bien mais je sais pas pourquoi ». Ce n’est pas de la connerie, c’est sincère. Bref, faisons un test ...
- Peur ! Peur de l’année prochaine ... Dans 3 mois, tout ce que j’ai construit ici va disparaître. Tout le monde va se casser aux quatre coins de la France (du monde même), et moi le premier, j’ai aucune idée de où je serais. Je ne me sens pas forcément prêt à revivre ça. Je l’ai vécu 3 fois en 5 ans de changer ! Je sais que ça me plait, j’ai peur de la routine, de l’immobilité.
Et en même temps, pour une fois je suis quand même bien ici ... Mes habitudes me plaisent, j’ai des gens sur qui compter et qui savent presque tout sur moi. Aller ailleurs et tout recommencer ... Reconstruire des amitiés ? Pas simple quand on vieillit. Il y a un moment où tout le monde est en couple et où les gens n’ont plus besoin d’amis. J’ai 18piges dans ma tête, j’ai encore besoin de faire de la merde, de sortir, de boire, de rigoler de pipi caca, de parler de cul vulgairement 12heures par jour, de pouvoir dire « je vais mal », de pouvoir dire « je sais pas ce que je veux faire de ma vie », de pouvoir dire « j’envisage de m’acheter un bateau pour faire le tour du monde », ... Sans qu’on me regarde comme un mec en pleine crise d’ado ou un pauvre type qui n’est pas dans le monde réel. Et puis mon homosexualité ... Je n’ai avancé pas de doute là-dessus. Mais en étant honnête avec moi-même, je ne suis pas sûr d’avoir le courage – ni l’envie – de me présenter comme homo à des gens que je ne connais pas. Je vais devoir de nouveau attendre de faire confiance aux gens pour ne pas mentir ? Je n’en ai pas du tout envie ...
Finalement, j’ai un peu l’impression qu’il me reste 3 mois à vivre avant de rentrer dans le monde des adultes. C’est peut être débile car rien ne m’y oblige. Mais je sens que la dernière année d’étude n’est pas suffisante, ni adéquate pour construire une fois de plus une nouvelle vie. Ca me fatigue. J’ai l’impression que me place n’est nulle part au fond. Je vagabonde, et quand je commence à ne plus penser au futur parce que il ne me fait plus peur, et bien la réalité se manifeste et je n’ai plus d’autres possibilités que d’angoisser. J’ai peur. Où est ce que je vais ? Je ne veux pas retourner dans le passé. Ca serait trop dur. Et je crois que je n’aurais pas la force d’avancer. J’y resterais bloqué.
C’est cette angoisse qui fait qu’en ce moment je me prends la tête avec tout le monde. (ok écrire m’a au moins fait prendre conscience de ça !). Je voudrais que tout le monde soit triste, que personne n’arrive à penser plus loin que dans 2 semaines et la fin des examens. Je voudrais que certains acquis le restent à vie. Pourquoi ça me fait mal de voir que l’ambiance est à chier ? Parce que je veux profiter et que je ne veux pas garder une image pourrie de ces deux années ici qui m’ont pourtant beaucoup apporté .... J’ai peur quand je vois que certains sont déjà en train de se construire des affinités amicales ou amoureuses ailleurs ...
En fait, j’ai peur d’être abandonné. Peur de la solitude. Je ne veux plus avoir le sentiment d’être seul comme je l’ai déjà eu.
Pourtant c’est inévitable. Je ne peux pas faire autrement. « C’est la vie » ... C’est peut être ce qui rend la vie agréable ou plutôt ce qui fait que la vie ne nous dégoûte pas : on peut toujours croire trouver mieux plus tard, plus loin. J’y crois moyen. Je m’y ferais. Une fois que j’aurais digéré tout, ça ira mieux, je retrouverais peut être cette excitation, ce bon stress d’aller vers l’inconnu. Mais là c’est long ! Attendre fin juillet me paraît impossible : est ce que je serais pris nulle part ? Est ce que je serais tout seul ? Est ce que je vais devoir repartir pour un an en cité U ?
- Autre sujet : Je revois sûrement mon « plan soir » ce week-end. Ces pseudos ne laissent aucun doute : il est accros à quelqu’un qui visiblement ne veut pas de lui ...Egoïstement ça me rassure. Je sais que j’ai rien à attendre d’autres de lui, et ça m’évitera de m’attacher. De toute façon, je pense que ça sera la dernière fois. J’avais besoin de savoir qu’il aimerait me revoir pour me dire que tout ce qu’il avait dit et ce que j’avais ressenti n’étaient pas du vent. En plus ça tombe on ne peut plus à point pour se détendre à 3 jours des exams pendant un week-end où je suis tout seul ... J’aimerais qu’il dorme là, pas sûr que ça soit réciproque. A voir ...

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