Je l’ai rencontré durant un festival nocturne dans les rues de la ville. J’étais bourré mais pas trop, « juste ce qu’il faut » diraient certains (moi j’ai pas encore trop compris comment on pouvait
dire que c’était juste ce qu’il fallait ou pas). Je l’ai vu parlé à ma pote. Je m’assois par terre (vilaine habitude apparemment ...). Il vient me demander une clope très poliment. Je lui demande
si il veut une blonde ou une roulée (j’avais tout). Il me dit une roulée. Puis bêtement, on entame la conversation « Fumer avec filtres ou non ? ». Bref il se pose à coté de moi. Son regard et son
sourire me trouble. Il m’ « avoue » vite que il est « un peu dans le cosmos » (il a fumé avec ma pote) mais que ça va. Je ne sais plus trop comment mais on entame une discussion pendant un temps
qui m’a paru long et à la fois trop trop trop court ...
Aucune notion du temps. Il me parle beaucoup de sa vie. Il me dit que si il me parle de son passé, je vais partir en courant. Je lui dis que je ne pense pas être aussi con et que on a tous, à notre
manière, fait de la merde dans la vie. Il me dit qu’il a du sang sur les mains. Pas de réactions de ma part. Je lui dis que honnêtement j’en ai un peu rien à foutre. Petit à petit, il se rapproche,
on est très collé, et il a sa cuisse sur la mienne ... Mon cœur s’emballe.
On part dans des discussions philosophiques, on réfléchit sur le sens de la vie, sur la pertinence d’être honnête dans la vie, sur le fait d’être égoïste ou pas, de se retrouver seul, ... Pas un
truc de personnes bourrées, non, non. C’est profond et on se balance ce à quoi on a pensé durant nos 22 ans de réflexion. Bref, on parle, on parle. Il est très tactile. Je m’emballe. Je bouffe ces
mimiques, ces grimaces, ces tics. Je suis dans une bulle, je ne calcule pu rien à ce qui se passe autour de moi. Le temps et l’espace n’existent plus. D’ailleurs, quand mes potes viennent me dire
que ils ont envie d’y aller, je leur dis que moi je reste là. V. me répond que oui nous on reste là à discuter. Je commence sérieusement à me faire des films. Il habite dans un squat et à la flemme
de rentrer toute de suite aussi ... Je veux tout savoir : pourquoi et comment il est venu au bouddhisme, pourquoi il pense que je suis trop naïf, ... Donc je m’en fous : je veux pas rentrer !
Mais une de mes potes vient se poser avec nous ... Elle lui parle pendant 5 minutes ! Ca m’énerve ! Elle fait chier ! Qu’elle aille voir son mec et qu’elle me laisse dans ma bulle, j’y suis bien
moi. Je lui lance quelques regards genre « heu barres toi stp » mais ça marche pas. Je crois qu’elle ne veut pas me laisser là, elle n’a pas trop confiance en la situation sûrement. Bref, au bout
de ces 5 minutes, elle décide quand même à bouger ... Et là V. lui sort « Avoues que tu veux que je rentre avec toi » ... Elle refuse mais toute de suite ma bulle a méga éclaté. Donc finalement «
je vais rentrer moi aussi ». On se sépare. J’avais pris son numéro plus tôt. Comme je sais que j’ai été un peu froid alors qu’il n’y était pour rien. Je me décide pour lui envoyer un sms et pour
lui dire que c’était agréable comme discussion et que ça m’a fait plaisir de parler à un mec qui a autant réfléchi car c’est rare même si j’ai conscience qu’il a fait ça pour draguer ma pote ....
Je pense à lui, je pense à lui, je pense à lui .... Il répond pas de la nuit donc ça m’énerve, je me dis que non seulement il m’a laissé espérer des choses mais que en plus il m’a parlé juste pour
draguer ma pote. Enervé mais je pense quand même sans cesse à son regard, sa voix, ses paroles. Je voudrais le ressentir près de moi. Me noyer dans ses grands yeux marrons et son sourire de petit
enfant malicieux.
Il me laisse un message le midi pour me dire que lui aussi ça lui a fait vraiment plaisir de parler avec un mec posé, etc, ... et que si il fait une fête il m’y invite !
Pas grand-chose mais je suis aux anges, si il a pris le temps d’appeler c’est qu’il ne m’a pas pris pour un con. Merci. Je me sens mieux. Alors je me dis que j’ai rien à perdre et 2 jours plus tard
je lui envoie un message pour lui filer mon mail mais je sais pas si il a Internet dans le squat ?! Depuis, bah pas de nouvelles. Mais je lui en veux pas, il ne me doit plus rien. Je pense tout le
temps à lui ... Même si au fond j’en souffre, cette rencontre a été magique et m’a fait du bien. Il me manque comme si on avait été potes pendant 3 ans alors que ça a été l’affaire de 3 heures ...
Ce qu’il m’a dit me fait beaucoup réfléchir. Je le reverrais jamais mais j’ai envie de me dire que ce mec sera heureux et que la nana qui sera avec lui sera profiter de lui et lui apporter tout ce
qu’il mérite.
Je sais que peu de gens peuvent comprendre, mais je m’en fous finalement. Cette histoire m’appartient, ces 3 heures m’appartiennent, ces regards et sourires m’appartiennent, sa présence, son odeur,
sa chaleur durant ces 3 heures m’appartiennent ... Et tant pis si ça paraît ridicule ou niais.
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